
Le Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK) est un problème d’origines multifactorielles impactant de plus en plus de femmes à travers le monde : on estime aujourd’hui que 6 à 13% des femmes en âge de procréer sont impactées par le syndrome. Première cause d’infertilité féminine, le SOPK se manifeste par de nombreux symptômes dans la vie des concernées qui peuvent venir impacter drastiquement la qualité de vie de ces dernières.
Physiopathologie et origines du syndrome
Découvert dans les années 1930, le syndrome des ovaires polykystiques ou « Syndrome de Stein-Leventhal » doit son nom à la croyance première selon laquelle de multiples kystes ovariens pouvaient être observés à l’échographie. En réalité, il s’agit plutôt de follicules immatures présents en quantité nombreuse dans les ovaires.
Le SOPK est une maladie hormonale se caractérisant par une surproduction d’androgènes et notamment de la testostérone, entraînant de nombreux effets sur l’organisme comme des troubles du cycle menstruel, des troubles de la fertilité, mais aussi des difficultés à perdre du poids ainsi qu’une pilosité excessive.
Les origines précises du syndrome sont encore méconnues, mais de nombreuses études ont démontré une prévalence du SOPK chez les femmes exposées aux perturbateurs endocriniens comme les parabènes ou les phtalates, que l’on retrouve dans de nombreux produits du quotidien tels que les détergents ménagers ou les crèmes pour le visage. D’autres études mettent en avant les facteurs épigénétiques précoces comme l’exposition prénatale aux androgènes et à l’hormone antimüllérienne qui favoriseraient une baisse d’activité de la FSH sur la génération suivante. Enfin, certains groupes ethniques seraient davantage concernés par l’hyperandrogénie valable dans le SOPK, notamment chez les personnes aux origines Arabo-Africaines.
Le diagnostic s’effectue selon les critères de Rotterdam ; deux des trois anomalies suivantes doivent être présentes afin de confirmer le diagnostic :
- Troubles chroniques du cycle menstruel (cycles >35 jours ou absence d’ovulation)
- Ovaires dystrophiques à l’échographie : présence d’ovaires micro-polykystiques ou présence de 20 follicules ou plus et/ou augmentation du volume ovarien.
- Hyperandrogénie clinique ou biologique : signes cliniques comme l’hyperpilosité, alopécie ou acné et/ou élévation de la testostérone au bilan sanguin.
Symptômes et traitements
La multitude de symptômes possibles rend le diagnostic souvent très compliqué, ce qui explique la proportion de diagnostics tardifs, après plusieurs années d’errance médicale. Dans la plupart des cas, il est possible d’observer :
- Hirsutisme (pilosité excessive notamment au niveau du visage)
- Prise de poids ou difficulté à perdre du poids
- Résistance à l’insuline
- Acné
- Absence de cycle menstruel
- Difficulté à concevoir
A long terme, les complications peuvent être nombreuses si le syndrome n’est pas pris en charge correctement : résistance à l’insuline pouvant évoluer vers un diabète de type 2, obésité, hypertension artérielle ou encore maladies cardiovasculaires… la liste est longue, d’où l’importance d’une prise en charge pluridisciplinaire adaptée !
Malheureusement, à ce jour, il n’existe aucun traitement permettant de guérir du SOPK. Cependant, certaines solutions permettent de mieux gérer les symptômes au quotidien :
- En première intention, l’amélioration de l’hygiène de vie par l’alimentation et une activité physique régulière.
- Traitement médicamenteux en cas d’hirsutisme et d’insulino-résistance.
- La mise en place d’un traitement hormonal comme une pilule oestroprogestative.
- Un accompagnement psychologique adapté si nécessaire.
La place de l’alimentation dans la prise en charge du SOPK
Et l’alimentation dans tout ça ? Comme expliqué, la prise en charge du SOPK est seulement symptomatique, et elle passe avant tout par l’amélioration de l’hygiène de vie via l’alimentation et l’activité physique. A ce jour, l’alimentation la plus recommandée pour la prise en charge du SOPK est une alimentation de type Méditerranéen, qui repose sur quelques principes simples : une consommation quotidienne de fruits et légumes, d’huile d’olive, de protéines maigres, associée à un peu de poisson gras deux fois par semaine pour une bonne consommation d’oméga 3. Quant aux aliments transformés, ils doivent être consommés avec modération pour limiter le risque de complications cardio-métaboliques.
L’alimentation de type Méditerranéenne permettrait de réduire l’inflammation tout en diminuant le risque de développer une résistance à l’insuline et un diabète de type 2. La consommation augmentée de fruits, de légumes et de protéines maigres permettrait par ailleurs de réduire les fringales sucrées grâce à une amélioration de la satiété. Il ne s’agit donc pas de se restreindre et de supprimer complètement certains groupes d’aliments, mais bien d’adapter son mode de vie afin de réduire le risque de complications et améliorer son état de santé.
Bibliographie
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